admin/ janvier 9, 2019/ Non classé/ 0 comments

Dans la clarté d’un crépuscule en vermeil soyeux 
Mon âme fut franchie d’un sentiment impérieux 
Sous l’effet capiteux de l’éphèbe à l’œil de faucon 
Mon cœur chipé, évacuait ses neiges en flocons 
Et, en moi, le sens suffocant des tabous se délabra 
J’ai déployé mes ailes et m’envolai dans ses bras 

Inondée d’amour et nul souci ne pouvait m’inquiéter 
Je m’assignais à la passion dans l’ode de la félicité 
Heureuse alors dans l’emprise séductrice des câlins 
Je m’enfuyais de la morale et de ses indices fifrelins 
Moi que le moindre appeau de drague effarouche 
Je m’offrais sans cérémonie à l’élixir de sa bouche 

Je me vidais des incertitudes et surmontais les peurs 
Quand son corps sur le mien flambait mes douceurs 
De tendres baisers en affectueuses caresses, je m’évase 
Dans la découverte sublime du plaisir justifiant l’extase 
Recevant fringante sa semence sous le galbe de mes seins 
Les idoles auxiliaires ravivaient ses désirs et aussi les miens 

Une vie dévoilait mon ventre et saine volupté m’auréolait 
Quand un oisillon ingénu cœur battant se pressait de voler 
Bafouillant les recoins douillets de son nid, ô divine bonté 
Joyeuse car à mon tour de donner la vie, s’écria ma naïveté 
Je n’ai pu le libérer, ni le voir et l’entendre m’appeler maman 
Dans ma famille grondent les codes sévères des musulmans 

À l’orée des bois, mon père et mon frère m’ont tuée. 

Djaffar Ben


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